Internet en vol : un marché qui décolle

26 septembre 2024

Un tiers de la flotte mondiale d’avions est capable d’offrir un service Internet à bord. Le plus souvent avec un service de qualité moyenne. L’arrivée de Starlink et de satellites de nouvelle génération devrait rapidement changer la donne.

Comme les croisiéristes ou les sociétés ferroviaires, les compagnies aériennes souhaitent à leur tour offrir la connectivité à leurs passagers. Malgré de nombreuses promesses technologiques, les progrès ont tardé, mais le changement arrive.

Les premiers satellites géostationnaires dotés de faisceaux reconfigurables, capables de suivre certaines trajectoires de vols, seront mis sur le marché à la fin de l’an prochain. De nombreuses start-up promettent de nouvelles antennes révolutionnaires, mais surtout, les nouvelles constellations de satellites en orbite basse comme Starlink ou OneWeb commencent à assurer des débits suffisants.

Selon les données de Novaspace, 11.000 avions seraient déjà connectés à des services satellitaires afin de pouvoir offrir Internet à leurs passagers. Aux Etats-Unis notamment, 90 % des vols sont déjà connectés. Le service est toutefois encore payant et pour un résultat souvent décevant, si bien que la moyenne des passagers qui l’utilise plafonne à moins de 15 %.

Starlink chasse les compagnies aériennes

« Le service de la connectivité à bord devrait faire un bond entre 2025 et 2030 et le marché bondir d’environ 1,5 milliard à 3 milliards de dollars par an, estime Pacôme Revillon, dirigeant à Paris de Novaspace (ex-Euroconsult). Starlink, qui a pris de l’avance, va prendre des parts de marché significatives, mais in fine, il devrait y avoir de la place pour plusieurs opérateurs. »

Le développement du marché risque toutefois d’être freiné par les règles de certifications rigoureuses qui règnent dans le secteur aérien, prédit-il. De nombreux obstacles doivent en effet être surmontés avant de pouvoir annoncer un Internet gratuit en l’air comme à terre. D’abord, chaque antenne doit être certifiée pour chaque type d’avion par les agences de sécurité aérienne.

Ensuite, il y a les obstacles « diplomatiques » pour obtenir les autorisations réglementaires. Installer Internet à bord sur le territoire américain sera plus aisé que sur les longs courriers intercontinentaux, sachant que certains Etats souhaitent interdire l’activité de certaines constellations sur leur territoire. Enfin, l’offre d’Internet doit surmonter les difficultés posées par le trafic aérien : « Plus il est dense, plus le débit offert par les constellations en orbite basse de type Starlink sera faible et fragile », explique Novaspace.

Lors du World Business Satellite Show, qui s’est tenu à Paris début septembre, les distributeurs historiques de télécommunications satellitaires comme Intelsat, ViaSat, Anuvu, ou Panasonic Avionics ont tous prédit qu’un bon service Internet à bord devra passer par le « multi-orbite ». Autrement dit combiner les services « broadband » des constellations en orbite basse (de type Starlink ou OneWeb) avec ceux des satellites de télécommunication situés en orbite géostationnaire, à 36.000 kilomètres de la Terre, plus puissants et capables « d’arroser » le tiers du globe terrestre. « Tous les opérateurs d’avions ne vont pas migrer d’un seul coup sur Starlink, mais la bataille va être rude », prévoit Pacôme Revillon.

Pour Intelsat, qui déclare déjà servir en Internet quelque 3.000 avions, la course technologique ne fait que démarrer. Son directeur technique, Bruno Fromont, souligne qu’il ne faut pas négliger les enjeux liés aux antennes de réception. Son concurrent Eutelsat confirme que le « segment sol » dévore aujourd’hui environ 20 % des investissements. Aussi, pour rester compétitif par rapport à Starlink et bientôt à Kuiper, le projet de constellation d’Amazon, Intelsat, en cours de fusion avec son homologue SES, mise sur une start-up française, Greenerwave.

Fondée par Geoffroy Lerosey, chercheur à l’Institut Langevin – CNRS – ESPCI ParisTech, Greenerwave a levé 15 millions d’euros auprès d’Intelsat mais aussi du Fonds Innovation Défense, de Safran Corporate Ventures, d’Intelsat, de BNP Paribas Développement et Plastic Omnium.

La société promet de produire en série, à partir de l’an prochain, un terminal révolutionnaire, 100 % made in France, capable – pour un prix bon marché – de capter et de relayer les mégabits envoyés par tous les satellites où qu’ils soient. Greenerwave détient ainsi la clé indispensable pour offrir aux compagnies aériennes un service multi-orbites, capable de garantir la disponibilité de la bande passante. « Pour avoir 99,9 % de disponibilité, on ne peut que passer par des systèmes multi-orbitaux », estime Bruno Fromont.

La bagarre commerciale à venir porte donc sur les services de connectivité pour la mobilité, des services à forte valeur ajoutée, confirme-t-on chez Eutelsat. Son réseau Oneweb vient d’être sélectionné par l’acteur historique des télécommunications maritimes, Inmarsat, pour déployer ses services de connectivité en mer. Les Échos – Anne Bauer

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