Mettons une usine sous chaque sapin !

2 avril 2025

Face à la désindustrialisation, un sursaut collectif est possible. En mobilisant nos énergies et en adaptant notre consommation, plaide la chercheuse Anaïs Voy-Gillis.

La fin d’année, synonyme de fêtes pour beaucoup, pourrait bien virer au cauchemar pour l’ensemble des entreprises françaises et en particulier pour l’industrie. Déstabilisée par une combinaison de facteurs adverses – une demande en berne, une concurrence asiatique redoutable, des coûts énergétiques exorbitants, une instabilité politique et une situation géopolitique tendue – notre industrie vacille.

Chaque semaine, l’annonce de fermetures d’usines et de suppressions d’emplois assombrit davantage l’horizon, nourrissant un sentiment d’impuissance généralisé. Pourtant, ce n’est pas une fatalité. La renaissance industrielle repose aussi sur nos choix quotidiens : soutenir l’industrie française, c’est soutenir notre économie, nos territoires et nos emplois !

Préserver nos savoir-faire

Des initiatives récentes démontrent qu’un sursaut collectif peut avoir un impact fort sur l’avenir d’une entreprise. L’exemple de Duralex en est la preuve : face à la crise, l’emblématique verrier a mobilisé le soutien populaire et institutionnel, à travers des partenariats comme celui entre la région Centre-Val de Loire et La Poste. Ces efforts, soutenus par les achats des Français, ont redonné vie à une entreprise au bord du précipice, tout en préservant ses savoir-faire.

De même, la campagne engagée du Slip Français prouve que consommer local peut être synonyme d’impact concret. Derrière chaque achat d’un produit fabriqué en France, il y a un emploi, une usine et une région qui bénéficient de ce choix. Même les entreprises, les syndicats et les collectivités peuvent s’impliquer : les cartes cadeaux, comme La Carte Française, permettent de soutenir l’économie locale en orientant les budgets cadeaux des arbres de Noël vers des produits tricolores.

Consommer moins mais mieux

Face à la pression sur le pouvoir d’achat, choisir des produits fabriqués en France peut sembler difficile. Mais ce choix s’inscrit dans la nécessité de repenser notre consommation. Ainsi, l’optique du « moins mais mieux » – acheter moins souvent, mais des produits de qualité, durables et locaux – répond aux défis écologiques et sociaux de notre époque.

Investir dans le savoir-faire français, c’est aussi préparer l’avenir. Chaque euro dépensé pour un produit local est un soutien à notre économie, un pas vers une consommation plus responsable, et un moyen de protéger nos emplois et nos territoires. Sauvegarder le tissu industriel, c’est garantir à long terme le pouvoir d’achat et le soutien au financement de notre modèle social.

L’industrie a une capacité de création d’emplois forte sur l’ensemble du territoire et en général des emplois mieux rémunérés que dans d’autres secteurs à compétences égales. D’après le baromètre des entreprises In France 2023, un emploi direct dans l’industrie entraîne la création de 1,6 emploi indirect alors que ce ratio est de 1,1 dans le transport et la logistique, par exemple, ou de 1,2 dans les services financiers et assurances.

Porter du sens

Evidemment, cet effort ne peut être porté uniquement par les consommateurs. Il est impératif que les pouvoirs publics mettent en place des politiques ambitieuses pour soutenir notre industrie face aux assauts de concurrents non européens qui ne s’encombrent ni des mêmes normes sociales, ni des mêmes normes environnementales. Mais en attendant ces réformes, notre consommation est une arme puissante entre nos mains.

En cette période de fêtes, faisons de nos cadeaux un geste citoyen. Offrons un morceau d’usine française : un verre Duralex, un jean 1083, un pull Saint James, une crème l’Occitane, une carte-cadeau La Carte Française ou tout autre produit porteur de sens et de valeurs. Ces objets, au-delà de leur valeur symbolique, incarnent des emplois préservés, des savoir-faire transmis et une économie résiliente. Agissons ensemble pour que chaque produit fabriqué en France soit un maillon de cette chaîne vertueuse qui nous unit. Sous chaque sapin, plaçons un fragment d’espoir et d’avenir pour notre industrie. (Anaïs Voy-Gillis est chercheuse associée à l’IAE de Poitiers. Les Echos, publié le 9 déc. 2024).

Contact

Vous avez un projet en recrutement ?
Remplissez le formulaire, je m'engage à vous répondre sous 24 heures.

Vous êtes à l'écoute d'une nouvelle opportunité ?

N'hésitez pas à me contacter par ce biais ou à me joindre sur mon portable
+ 33 6 66 31 75 59.
    © 2024 CB Consulting
    Mentions légales