Thales se voit « au début d’une décennie de forte croissance »

16 mars 2025

Après des résultats record en 2024, le PDG de Thales, Patrice Caine, table sur « une décennie de croissance » pour le groupe d’électronique de défense, portée par la conjonction de la hausse des dépenses militaires, de la croissance du trafic aérien et de la numérisation.

Sourire de mise chez Thales. Malgré une demande atone pour sa branche spatiale, le groupe industriel français de défense et de technologies a atteint ses objectifs financiers annuels et dégagé en 2024 un bénéfice net part du groupe de 1,42 milliard d’euros. Des résultats record salués par une hausse de 12 % du cours de l’action Thales à la Bourse de Paris, qui avait déjà grimpé de 50 % le mois dernier.

Les indicateurs financiers du groupe ont franchi en 2024 plusieurs seuils, dont celui des 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires (20,6 milliards, en hausse de 11,7 %). Le bénéfice net part du groupe a bondi de 39 %, comparé à l’exercice 2023, qui fut affecté par une charge exceptionnelle liée aux retraites au Royaume-Uni. La rentabilité opérationnelle a progressé de 0,2 point, à 11,8 %. La valeur du carnet de commandes, en hausse de 12 %, a dépassé, pour la première fois, les 50 milliards d’euros.

Une conjonction de vents porteurs

« 2024 fut une année vraiment exceptionnelle pour les prises de commandes, en forte croissance, qui ont dépassé les 25 milliards d’euros, s’est félicité son PDG, Patrice Caine, lors d’une conférence de presse à Paris. Mais entre la situation géopolitique, l’environnement économique et l’environnement politique, nous n’avons jamais eu autant d’opportunités de développement », a souligné le patron de Thales. « C’est une décennie de forte croissance qui s’ouvre », a-t-il surenchéri.

Au premier rang de ces vents porteurs figure la hausse généralisée des dépenses militaires dans le monde, liée à l’instabilité géopolitique actuelle, y compris en Europe, où l’on « redécouvre une certaine réalité », souligne Patrice Caine. Les ventes de la branche défense, qui représente plus de la moitié du chiffre d’affaires de Thales, ont progressé de 13,9 % l’an dernier, « tirées notamment par les systèmes terrestres et aériens, à l’image des véhicules et systèmes tactiques ou des radars de surface ». Mais les prises de commandes de Thales dans la défense, qui préfigurent l’avenir, ont augmenté de 9 % au total, et de 41 % sur les marchés émergents.

Les dépenses militaires en Europe

L’Europe est restée à la traîne de cette tendance mondiale à la hausse des dépenses militaires. Les prises de commandes militaires de Thales en Europe ont même reculé de 2 % en 2024. Mais les déclarations politiques récentes laissent à penser que les pays européens devraient rejoindre le mouvement cette année. Ce qui ferait évidemment les affaires de Thales, dont 60 % du chiffre d’affaires est généré en Europe.

« L’Europe a les technologies nécessaires pour produire l’ensemble […] des équipements ou systèmes de défense dont elle a besoin. »Patrice Caine, PDG de Thales

« L’Europe a les technologies nécessaires pour produire l’ensemble du spectre des équipements ou systèmes de défense dont elle a besoin », a affirmé le PDG lors d’une visioconférence de presse. Mais il reste encore à traduire en commandes sonnantes et trébuchantes, les grandes déclarations sur l’augmentation militaire, a-t-il expliqué en substance.

Quant aux capacités de production, « pour moi, elles s’ajustent naturellement – ça, c’est notre métier d’industriel – en fonction des contrats », a-t-il ajouté, alors que son entreprise a déjà anticipé « une croissance régulière des budgets » militaires dans son plan de marche. Au cours des trois dernières années, Thales a ainsi réussi à multiplier par quatre sa production d’équipements pour l’avion de combat Rafale, ainsi que sa production de missiles. Le groupe a aussi triplé sa production de radars. Mais ces hausses de production ont surtout été rendues possibles par l’augmentation des commandes étrangères, notamment celles en provenance de Proche-Orient et d’Asie.

Le spatial toujours à la peine

Le groupe profite également de vents porteurs sur ses autres métiers que l’aérospatiale et la cybersécurité et son corollaire, l’intelligence artificielle. En 2024, la branche cybersécurité et numérique va vu son chiffre d’affaires bondir de 14,8 % sur un an, à 4 milliards d’euros, aidé par de récentes acquisitions aux Etats-Unis. Côté aérospatiale, la hausse du trafic aérien continue également de pousser le chiffre d’affaires de la division aérospatiale, en hausse de 4,8 % par rapport à 2024, à 5,47 milliards d’euros de chiffre d’affaires. 

Les Échos – Publié le 4 mars 2025 – Par Bruno Trévidic

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